Ce par quoi les choses sont éclairées attire souvent mon œil. En marchant vers la saison 16 des Electropicales, j’opte pour une technique simple : débouler en exploration sans consulter le menu. Ici, au rayon son, j’ai conscience que mon appétit pour les chansons à texte ou les cordes ne sera pas nourri. Mais je sais qu’il y a toujours des cadeaux à ouvrir son esprit à la magie de l’imprévu …
J’arrive dans la place, Barachois / night-club à ciel ouvert. Décor planté en immersion dans une faille spatio acoustik-electro-lumineuse. Elles m’ont pecho’ direct. Cinq boules à facettes géantes arrimées aux vents, dispensant multitudes de pentacles, jusqu’au bout d’où ton regard se pose. Voilà ce que je vais suivre : les petites lumières. Rencontrer les gens qui les portent, pour te ramener quelques petites tranches de vie en after festival.
Ma veine c’est d’être en duo avec Magic Guillaume pour capturer ces instants. Nous v’la lancés dans une partie de « trouver Charlie qui brille » en pleine jungle exaltée. Ils sont partout ces filons de lumière : loupiotes, paillettes en pagaille, tissus réfléchissants, yeux heureux couronnés,..
Filons de lumière
Commençons à la source : technique & coulisses. Il s’appelle Yoann. Le dompteur de boules à facettes et Spotlights porte la vibe d’un chaleureux viking. Il est notre premier sourire, mais tu ne le verras pas ici cher azendiste. Le travailleur de lumière aux aguets et au taquet, qui vise la lune avec ses projecteurs olympiques, refuse qu’on lui tire le portrait. Il préfère rester dans l’ombre. Il nous parle de sa team et file comme une étoile vérifier le millimétrage d’un angle, qui, dit-il ne sera peut être pas perçu par le public… et pourtant ça veut dire beaucoup.
Là ! un tricot brillant. Maureen & Martijn, une wallone et un flamand qui vibrent en anglais. Le jeune couple d’amoureux s’est formé lors d’une soirée techno bruxelloise. Justement il l’a abordée en lui demandant des paillettes qu’elle arborait au visage. D’ailleurs, elle en a toujours dans son sac Maureen, prête à mettre de la magie dans ta vie…
On les croise au hasard de la foule, ils envoient le même Shine que sur scène. Mono X Ashlyn alchimisent une techno expérimentale qui m’a ravi les hanches et le coeur, tant par les envolées tribales tripantes que leur simplicité de présence complice. Le couple de Djs mauriciens répond à l’unisson :
« Notre vie de couple tourne autour de la musique depuis 5 ans. La Réunion, c’est la 1ère étape de ce rêve : voyager pour créer des souvenirs avec les gens, les faire vibrer là où la musique nous emmène, partager la lumière, la bonne humeur. Et qui sait, revenir et collaborer avec des artistes 974 comme Force indigène ou Sibu Manaï. Ici il y a toute la flamme du volcan c’est pas l’île intense pour rien ! »
Lunettes et paillettes
Nous voilà revenu côté accueil, où un regard vraiment hors norme avait retenu notre attention à l’arrivée. Yannick vit sa seconde édition en tant que bénévole aux Electropicales. Le Geek cinquantenaire fan de musique électronique s’est dégoté pour l’occasion des lunettes à LED, un accessoire qui accueille avec cœurs. Son poste, il l’ apprécie aussi parce que les entrants sont zéro alcool, oui la fête est plus folle sans pour Yannick. Tantôt il ira danser. Lui aussi n’a pas regardé la prog, parce qu’il aime découvrir et qu’il n’ y a pas que miss Monique dans la vie ( oui il rêve de la voir un jour aux electropicales)
Annie est venue célébrer son mariage 4 jours après le rogaton, avec John son époux & leurs potes. Le jeune couple a reçu en cadeau des places pour les Electros, ainsi que la nuit d’hôtel pour s’enjailler jusqu’au petit matin. A 47 ans cette maman hôtesse de l’air, autonome et fière, vit sa plus belle histoire d’amour & me montre les photos de son bonheur. « T’as vu notre mariage mixte ! cet homme met de la lumière dans ma vie. Et lui de répondre : moi j’ai eu les paillettes dans les yeux quand je l’ai vue et tous les jours avec elle « . Chabadabada…
Queen Safe Patrol
Elles brillent de 1000 feux, elles tu n’as pas pu les louper… La Queen Safe Patrol. Pour toutes informations, recevoir de l’aide ou signaler des comportements louches, Bayonettta Esperanza & Ericka-is-back se baladent en mode guide & prevention, avec des tuyaux et des bidules à donner : ethylotest, capote de verres, préservatifs, lubrifiant, bouchon d’oreille… Une collaboration avec le collectif « L’Effet en Fêt » présent sur le site afin d’aider à rendre la soirée la plus SAFE possible.
« On nous dit qu’on est belle, où nous demande des infos direction… Appelez-nous mademoiselle, madame, majesté, ma reine, ma queen !, c’est aussi l’occasion de sensibiliser sur la culture Drag Queen, représenter la communauté LGBTQIA+ .
C’est essentiel d’éduquer les gens au message d’acceptation de soi. »
C’est bien ça le power de ce festival Electropicales: un temps pour vivre ensemble son identité festive en liberté.
Aux lumières rencontrées : Merci pour votre confiance & ces récits.
A toi qui lis, n’oublie pas de regarder en direction des étoiles.
Julie De Serendip, pour l’Azenda
Plus de photos : Guillaume Belaud Photographie
