Le mercredi 11 décembre, le Théâtre Luc Donat se transforme en arène géante pour un événement inédit : la Finale Breaking City Tour. Une battle de breakdance qui réunira les meilleurs danseurs de l’île, organisée par l’association Cœur de Rue.
Derrière l’organisation, ce sont deux cœurs, ceux de Clémence Flahaut et Laurent Robert, fondateurs de l’association. Pour eux, la Finale Breaking City Tour est bien plus que de la danse ; c’est montrer sur scène tout ce que représente Cœur de Rue.
Fondée en 2007, l’association met en valeur la danse, la culture hip-hop et les valeurs qui l’entourent. “Ne rien lâcher. Y croire. Travailler pour atteindre ses rêves. Toujours se remettre en question. Voilà ce qu’on essaie de transmettre”, explique Laurent. La battle devient alors le moment du surpassement de soi, où les danseurs s’affrontent comme dans un ring de boxe, dans un moment qui allie technique, rage et art.
C’est donc un combat de haut niveau qui se déroulera au Tampon, et l’enjeu est de taille : une sélection de quatre danseurs pour qu’ils participent à une des plus grandes compétitions de breakdance internationales. Au programme, un spectacle des adhérents de l’association et plusieurs catégories de battles pour découvrir ou redécouvrir ce style de danse caractérisé par ses acrobaties et ses figures au sol.
Bien plus qu’une simple association
Mais Cœur de Rue ne s’intéresse pas qu’aux compétitions : la danse est avant tout vecteur de lien social et leur permet de créer une communauté.
“On est comme une grande famille, certains nous appellent papa et maman ou encore tatie et tonton”, souligne Clémence. Pour eux, peu importe le milieu de la personne ou ses capacités, le plus important est la passion. Les danseurs ont à cœur de montrer l’accessibilité de la discipline. Dans ce sens, ils ont créé un cours réservé aux personnes en situation de handicap et insistent sur la diversité de leurs élèves.
Ils œuvrent aussi à mettre en avant les talents locaux : l’un de leurs “enfants” est Maxime Calicharane, à l’affiche du film Marmaille, le film réunionnais réalisé par Grégory Lucilly, actuellement au cinéma. Et deux anciens adhérents font actuellement partie du Pôle Espoir France. “Dans les DOM-TOM, il y a des pépites. Il faut savoir qu’on a à La Réunion une réputation très implantée au niveau national et qui commence à se créer à l’international”, décrit fièrement Laurent.
Le breakdance à La Réunion, toute une histoire
Mais il a fallu un long chemin avant que le hip-hop réunionnais soit reconnu nationalement. Quand il débarque à La Réunion dans les années 80, il ne prend pas l’avion mais arrive par la télévision. Le duo de danseurs a été pionnier de la discipline : “On a toujours été un peu autodidactes, des fois sans savoir qu’un mouvement existait, on était déjà en train de le pratiquer. On n’avait pas le vocabulaire : on ne disait pas qu’on dansait le hip-hop, qu’on faisait un battle, on disait : allons poussé”, se rappelle Laurent.
Si l’arrivée d’Internet a permis de démocratiser la discipline, l’association a grandement contribué à bousculer les idées reçues sur ce style de danse à La Réunion. “Faire une association, ça nous a permis d’être professionnels et ça a aussi changé le regard des institutions”, commente Clémence. Plus que des professeurs, ils se définissent comme des activistes du hip-hop et se positionnent en gardiens de cette culture de la rue, qu’ils souhaitent toujours mettre en avant.
Cette année, ce style de danse a connu un nouvel engouement auprès des jeunes, puisque le breaking a été une discipline des Jeux Olympiques 2024. “Dans quelques années, il y aura du très haut niveau à La Réunion, avec l’arrivée de la future génération”, s’impatiente Laurent.
En attendant ces nouveaux danseurs, si vous voulez voir les meilleurs de l’île actuellement en représentation, ce sera ce mercredi au Théâtre Luc Donat.
Léa
