Ce week-end, à Gran Kour, deux équipes de super zicos venus de loin. Leur mission : te sortir du marasme, te coller des frissons, te faire entrer dans la vibe et te sentir vivant avec les autres gens. Groove Messengers cubains et « Jazz Vengers » caribéens en appellent au pouvoir du Groove pour nous faire kiffer ensemble…
Ami lecteur, que d’émotions déjà, en ce premier week-end de festival ! Ceux qui y étaient savent, tâchons d’en dire quelque chose aussi à ceux qui n’y étaient pas.
Gran Kour Connexion
Vendredi soir, à la Maison Grand Cour, Carlos Sarduy et les bien nommés Groove Messengers ont allumé « la flamme » avec le brio qu’on leur connait. On s’attendait à un show aux couleurs afro-cubaines, moderne, festif, ciselé. On a été servi, et au-delà du spectaculaire niveau des artistes, c’est la chaleur, la générosité et la folle liberté de leur musique qui nous a embarqués. On en ressort tout revigoré, batteries chargées, enrichi d’un souriant souvenir… et avec l’envie qu’ils reviennent très bientôt !
Le temps de se remettre de ce premier élan, nous voilà le lendemain dans ce même lieu, pour découvrir le Big In Jazz Collective. Autre couleur, autre énergie. Très vite, dans le public, les regards se croisent et se disent quelque chose comme « on est d’accord, il se passe un truc là, et on est bien content d’en être ». Ensemble : c’est le mot. Ces gars-là se connaissent bien, et ça se sent. Ils s’aiment et c’est contagieux. Quelle joie ! pas le temps de s’en rendre compte que le sourire des musiciens se scotche à tous les visages, imparable. Impossible de ne pas bouger quelque chose, un pied, la tête, le corps. C’est un mélange subtil et beau d’énergie détonante, de force tranquille et libre de groove, de douceur, de profondeur. Les ancêtres convoqués se sont peut-être joints à nous, et avec nous ils ont sûrement dansé !
Une mention « j’aime » pour la qualité du son, qui a contribué à faire de l’expérience un plaisir délicieux. Un pouce en l’air aussi pour les premières parties, qui ont donné leur belle énergie sans se dégonfler et ont su insuffler la bonne humeur au public.
Opus Pocus : le super-pouvoir du live
Quand la musique est bonne (bonne bonne bonne), il n’y a pas d’étiquette qui tienne. Tu aimes ou pas tel ou tel style, tel ou tel genre… Mais cette question-là ne se pose plus si ce qui se passe met tout le monde d’accord, ne serait-ce que quelques minutes ou quelques heures. Pour peu qu’on accepte le jeu, c’est au corps et au cœur que ça parle, avant d’en passer par la moulinette cérébrale. C’est là, juste avant l’analyse ou le commentaire, qu’on « sait ». Le live, c’est-à-dire le vivant, est l’endroit où l’expérience est possible, la plus directe qui soit. Directe et partagée, parce que c’est quand même quelque chose de vibrer ensemble, de sourire ensemble, de vivre une expérience commune de plaisir. Alors à toi qui n’y a pas encore goûté parce que « le jazz c’est pas ton truc », je dis : viens vivre un concert à Gran Kour, comme une expérience. On en reparle après.
Mission accomplie
- Faire jouer des artistes de haute voltige sur notre caillou, où ils ne seraient peut-être jamais venus autrement : check.
- Partager un rougail saucisse (ou ce qu’on voudra) en mode pique-nique bien de chez nous et taper le bœuf avec lesdits artistes si le cœur t’en dit : check.
- Proposer des concerts dans des endroits magnifiques, qui font sens, à portée de porte-monnaie : check.
- Offrir à des groupes locaux des scènes (et un public) au top : check.
- Réunir un public mélangé, de tous bords et mettre tout le monde d’accord au moins un moment, au moins sur quelque chose : check.
Bref, mission accomplie pour cette session « Gran Kour » d’Opus Pocus 2024. Bravo et merci à tous.
C’est pas fini !
Le festival en a encore sous la pédale, avec des concerts en salles et en coeur de ville et un tas de jolis moments encore à partager. Si c’est pas déjà fait, dépêche-toi de prendre tes places !
Toutes les infos sur les concerts à venir et billetterie : https://azenda.re/festival/opus-pocus-2024/
Texte et images : Lalou
