Azenda.re

Harold López-Nussa

À NE PAS LOUPER

Harold López-Nussa arrive avec Nueva Timba comme on ouvre une fenêtre : l’air entre d’un coup, chargé de mémoire et d’élan. Le piano a ce mélange rare de netteté et de souplesse : ça mord, ça danse, ça raconte. Ici, le jazz ne survole pas Cuba : il s’y ancre, la traverse, et fait remonter plusieurs âges de la musique du big band en miniature aux reflets classiques sans jamais figer la pulsation. Blue Note, oui, mais surtout une trajectoire : celle d’un musicien qui écrit le présent avec les outils du passé.

Autour de lui, le noyau est dense et chaleureux : Ruy Adrian López-Nussa à la batterie, Luques Curtis à la basse, Grégoire Maret à l’harmonica colonne, nerf, lumière. Et derrière la maîtrise, la part humaine : l’exil, la perte, la reconstruction. Nueva Timba devient alors un chant intérieur, larmes de joie en rythme, qui avance et transforme.

En première partie : Tim Zéni.

Tim Zéni, c’est une histoire de racines qui ne restent pas sages dans la terre. Né entre La Réunion et la Côte d’Ivoire, il a grandi dans le bain des musiques noires celles qui portent la mémoire autant que le groove. Héritier revendiqué de Maxime Laope, il ne rejoue pas la tradition : il la met en mouvement. Trompettiste et chanteur, il laisse le maloya mener la danse, glisse le séga dans les angles, et ouvre grand la porte aux sonorités d’Afrique de l’Ouest. Résultat : un “Soul Maloya” qui sonne, chaleureux, frontal, solaire. Un voyage délicieusement optimiste, prêt à prendre la route, ici comme ailleurs.

Cuba et La Réunion : deux îles, deux pulsations : une même musique en mouvement.

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