PATRICK MANENT – ZANFAN KOMAN NOU
Deux noms, une même soirée : Patrick Manent et Zanfan Koman Nou. Deux façons de faire parler le maloya, de le tenir vivant, de le remettre au centre là où il bat, là où il rassemble.
Patrick Manent, c’est une vieille voix, une voix qui vient de loin, dans lo tan lontan. Un maloya qu’il rallume comme une braise. À Saint-Louis, dans la lignée de Gramoun Bébé, il a appris que le chant peut être plus qu’un chant : une manière de tenir, de dire, de transmettre. Passeur plutôt que gardien, il ne collectionne pas les souvenirs : il les réveille. Ses mélodies ressortent des formes qu’on croyait rangées, sa voix ouvre la porte de l’Histoire : celle de l’île, de ses cicatrices, de cette mémoire qu’on porte encore, parfois sans la nommer. Anon Anon ! Ce n’est pas un simple refrain : c’est un message reçu en plein cœur, un maloya enraciné qui parle au présent et rappelle d’où l’on vient.
En face, et avec Zanfan Koman Nou, mené par Tiboké : une évidence, un enfant comme toi, comme moi, comme nou. Une bande de dalons, des musiciens d’abord dispersés, puis rassemblés par l’envie de jouer ensemble et de montrer leur force, leur talent, leur gayar. Ici, la musique n’est pas un décor : c’est la vie. Le tambour, c’est le cœur. Le maloya, c’est une tradition qu’on ne met pas sous vitrine : on la joue, on la partage, on la pousse en avant. Ils ne promettent pas des discours : ils lancent un défi simple. Viens voir. Viens entendre. Tu sauras.
Une soirée de maloya debout, de mémoire et de collectif : la brèz é lo roulèr. Sur scène, ça se vit. Dans la salle, ça se reconnaît.
