Azenda.re

Kutu & Kabar Jako

Jazz Dann Port

À NE PAS LOUPER

Nouvelle révélation de l’éthio-transe, ce quartet frappeur nous aspire dans une nuit de fête enfiévrée à travers une Addis-Abeba insoupçonnée : électronique, rap, jazz, pop, rock et en même temps fidèle à ses racines traditionnelles.

Révélation des Victoires du Jazz 2017, le violoniste et altiste Théo Ceccaldi incarne une nouvelle vague du jazz européen qui ne s’encombre pas de frontières. Kutu est le fruit de sa rencontre, à Addis-Abeba, avec les chanteuses Haleluya Tekletsadik et Hewan Gebrewold, figures de l’underground éthiopien où elles cuisinent sans complexes le mélange des traditions abyssiniennes aux pulsions de l’électro festive et de la pop. Kutu, que l’on pourrait traduire par « en avant ! », est le melting pot brûlant, dansant, énervé et cosmique où ces trois artistes jettent pêle-mêle leurs racines, leurs aspirations, leurs colères et leurs multiples talents. Très actuelle, leur musique fracture les cadres et multiplie les embardées dans le hip-hop, l’électro trans cosmique, ou un jazz-rock frontal et aventureux. On n’est pas étonnés d’ailleurs de retrouver, à la baguette, un certain Cyril Atef, métronome aventurier du M de la grande époque, moitié de Bumcello et complice de Nathalie Natiembé sur Karma. Entre rage de danser et soif d’improvisation, Kutu ouvre une fenêtre nouvelle sur la scène musicale éthiopienne, longtemps rêvée à partir des enregistrements rétro rassemblés sur la série Éthiopiques. La mise à jour est stupéfiante !

Kutu : Théo Ceccaldi Violon  – Cyril Atef Batterie – Valentin Ceccaldi Basse – Akemi Fujimori-Poivre Claviers  – Hewan Geberewold Chant – Crédit photo © Aurore Fouchez

Un mariage d’amour passionné entre une électro urbaine tendance rave et la transe du maloya kabaré.

L’impact massif et viscéral d’un maloya kabaré en mode transpiration, le mystère magique d’un chant incantatoire, et la fièvre électronique des pulsations rave orchestrées par un vieux sorcier des potards : jamais la fusion du maloya et de la musique électronique n’avait été aussi frontale et essentielle. Kabar Jako monte droit au ring, très vite, et ne s’arrête plus de lancer les coups, porté par la transe d’un power trio percussions (Jean Amémoutou-Laope), voix (Axel Sautron) et machines (Jako Maron). On aurait presque envie de dire « simple et efficace », si la route qui avait conduit Jako Maron jusqu’à ce kabar de la 4e Dimension, case à terre fantôme éclairée au néon et percée par les racines d’un banyan mutant, à la fois ancestral et technoïde, n’avait pas été longue de 30 ans. Car rien n’est jamais simple avec le maloya. Efficace, en revanche, ça oui : diablement efficace !

Kabar Jako : Jacky Thiburce (Jako Maron) Machines – Axel Sautron Chant – Jean Amemoutou Sati, pikèr, kayamb, tous instruments de bois et de tôle

T'AS VU ÇA AUSSI ?

Veuillez vous connecter