À tout juste 19 ans, Isadora a déjà brillé dans des concours musicaux, travaillé avec un label, chanté en concerts et sorti deux singles. Pas mal non ? Indépendante aujourd’hui, la Réunionnaise poursuit les études mais mise sur ses ballades piano-voix touchantes. Je pense qu’elle a bien raison. Allez, interview d’un talent précoce.
Isadora bonjour. On te découvre dans la saison 4 du télé-crochet Kid Créole, tu as 12 ans à l’époque. Comment es-tu arrivée là ?
La musique a toujours été un grand centre d’intérêt dans ma vie, ma mère adore en écouter. Je chante depuis toute petite. On m’a souvent dit « tu as une belle voix », c’est flatteur et ça m’a rassurée. Alors j’ai voulu aller plus loin en apprenant à jouer du piano et en prenant des cours de chant au conservatoire de Saint-Pierre. C’est ma famille qui m’a demandé de m’inscrire à Kid Créole, je me suis dit je me lance et on verra le résultat.
Et te voilà, à 12 ans je le rappelle, face aux caméras. Difficile à gérer ?
J’avais déjà goûté à la scène mais rien de la dimension qu’implique Kid Créole. C’est-à-dire plus de moyens, plus de public et les caméras bien sûr. J’étais stressée mais en même temps je profitais à fond car je pouvais sortir à tout moment. Donc on s’amusait sur les tournages.
Tu t’arrêtes en demi-finale. Mais tant pis, si je peux me permettre, car l’artiste et membre du jury Mickaël Pouvin t’a repérée. Il t’invite à participer au Tremplin Music’al RUN que tu remportes à 14 ans.
J’avoue que je ne connaissais pas ce concours. Après Kid Créole, j’ai discuté et je suis restée en contact avec Mickaël Pouvin. Il m’a écrit en disant qu’avec Pix’L, ils cherchaient des candidats. C’était un nouveau challenge car au Tremplin, il faut présenter des compositions personnelles. Je n’avais jamais partagé ma musique avec un public donc ça a été un exercice spécial mais vraiment chouette. Vraiment chouette aussi car en gagnant, je signe pour un accompagnement professionnel avec le label SHM Events.
Ces expériences que sont Kid Créole, le Tremplin Music’al et l’accompagnement par SHM Events, qu’est-ce qu’elles ont apporté à la jeune Isadora ?
De la confiance déjà. C’est bien de chanter dans sa chambre mais c’est autre chose de se produire devant un public. J’ai appris à comprendre ma valeur et ce que je peux apporter. L’équipe du label a été très bienveillante avec moi. J’avais juste à chanter et à faire les interviews. SHM Events gérait le reste donc c’était plus simple. Et puis bien sûr ces 3 aventures m’ont permis de rencontrer beaucoup d’acteurs du monde musical.
D’ailleurs, il y en a 2 qu’il faut mettre en avant. Je veux parler des artistes Mickaël Pouvin et Pix’L qui jouent le rôle de grands frères musicalement parlant. C’est important d’avoir cet entourage quand on arrive si jeune dans la musique ?
Déjà je veux dire que je suis fan de ce qu’ils font. On se ressemble dans notre façon de voir la musique. Leur expérience m’aide, ils me donnent des astuces. Ils savent ce qu’il faut faire ou non et si j’ai besoin de conseils, je peux compter sur eux. Ils sont précieux car le monde de la musique peut être difficile, encore plus pour les jeunes qui peuvent se faire avoir facilement.
Tu sors ton premier single, Tant pis, à 17 ans. Il s’agit d’un cadeau, explique-nous.
En fait, c’est un projet de Mickaël Pouvin, il m’a offert son morceau. J’ai de la chance et je suis vraiment reconnaissante. Cela m’a permis de mettre les pieds dans l’industrie musicale en étant protégée disons.
Tant pis parle des réseaux sociaux. Quel est ton rapport à ces outils et est-ce que tu les trouves dangereux pour un ou une jeune artiste ?
Je fais ma promo dessus et j’essaie de partager un peu de contenu personnel mais ce n’est pas trop mon truc. J’ai un peu ce réflexe de regarder les commentaires car je veux savoir ce qu’on pense de moi, c’est de la curiosité. Est-ce que les réseaux sociaux sont dangereux ? Dans mon cas, les avis négatifs ont été difficiles à gérer au début mais j’ai appris à passer outre, à prendre du recul. Il y aura toujours ce genre de commentaires, que ce soit en début ou en fin de carrière. On m’a dit un jour que si les gens te méprisent, tu es sur la bonne voie. Donc quand je lis ces avis, je me dis que les choses vont bien se passer.
Ton second et dernier single, Je sais, est sorti en octobre dernier. Cette fois-ci, il s’agit de ton « bébé ».
Oui c’était très important de tout faire par moi-même. L’écriture, la composition, il y a le clip aussi. Je ne suis plus avec SHM Events car je veux voir ce que ça fait d’être indépendante. C’est aussi mon bébé car il raconte un peu mon histoire. Je me livre beaucoup dans mes titres, c’est ma signature. La musique a toujours été pour moi un moyen d’expression.
Isadora à 19 ans seulement tu as remporté un concours musical, sorti 2 singles, tu es clairement entrée dans le monde de la musique, tu fais des concerts aussi. Difficile de ne pas s’enflammer ?
Mon entourage me dit souvent « t’es une star », ce genre de choses (rires). Mais je pense être assez humble et j’ai encore du mal à réaliser que des gens m’écoutent, me suivent pour de vrai. Je souhaite réussir dans la musique car c’est toute ma vie. Mais je garde les études par sécurité. Je suis une licence de psychologie à Saint-Denis. Ce n’est pas facile de gérer ces 2 vies car elles prennent chacune beaucoup de temps. Je dois trouver l’équilibre.
Tout ce vécu, qui est peu commun pour une personne de 19 ans, est-ce qu’il t’a fait grandir plus vite que les autres adolescents de ton âge ? Si oui, est-ce qu’une distance s’est créée ?
Oui j’ai été confrontée à des choses qui ne sont pas forcément de mon âge. Signer des contrats à 16 ans c’est jeune. Ça m’a apporté de la maturité, professionnelle notamment. C’est plus facile maintenant mais oui j’ai eu parfois du mal à m’intégrer dans les groupes de ma génération. J’avais des conversations plus intéressantes et profondes avec des personnes plus vieilles.
Ce statut d’artiste émergente a impacté ou impacte ta scolarité ?
Des gens me reconnaissent mais je suis assez tranquille. On me propose parfois de chanter donc tant mieux ça me fait de la pub. Il y a par exemple une étudiante que je ne connaissais pas qui m’a demandé de faire une prestation pour son projet, c’était sympa et super intéressant.
Pour écouter la belle et douce voix d’Isadora, rendez-vous samedi 25 janvier à l’Alidou Culture Bar de Saint-Pierre. Accompagnée de son piano, la Réunionnaise chantera des reprises et des morceaux inédits. Aux fans et à ceux qui vont le devenir samedi, un EP se prépare. Pour connaître son avancée, surveillez attentivement le pourcentage dans la biographie Instagram de la chanteuse. Vous pouvez l’écouter sur toutes les plateformes musicales et la suivre aussi sur Facebook et TikTok. Shot d’émotions garanti !
- Interview : Clem
- Photos : FB de Isadora
